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En manchette
LES CROISIÈRES FLUVIALES, OU COMMENT FAIRE D’UN VOYAGE UN LONG FLEUVE TRANQUILLE  Analyse rédigée par Aude Lenoir

Depuis une dizaine d’années, les croisières fluviales connaissent une croissance de leur popularité. l’Europe se classe première au monde, mais la Russie et l’Asie tirent également leur épingle du jeu. Selon la Cruise Lines International Association (CLIA), la demande de la clientèle nord-américaine augmente plus rapidement pour ces croisières que pour les croisières maritimes. En pleine expansion, ce secteur se métamorphose, et voit son offre se bonifier et sa clientèle s’élargir. Regard sur l’offre et la demande des croisières fluviales.

Qu’est-ce qu’une croisière fluviale?

Les croisières, dont la durée varie de quelques heures à plus d’une semaine, combinent l’excursion fluviale et des escales à la journée. Elles proposent en général des formules tout inclus alliant la navigation, les nuitées à bord ou sur la terre ferme, la restauration et les visites à destination, essentiellement axées sur les attraits culturels. Les clients profitent de prestations dignes d’un hôtel 3 ou 4 étoiles et d’une plus grande intimité que sur les navires maritimes. Certains paquebots fluviaux, longs d’une centaine de mètres et comptant au plus trois étages, peuvent accueillir jusqu’à 150 passagers.

Les paquebots sillonnent surtout les fleuves européens

En Europe, les croisières fluviales connaissent une croissance soutenue depuis quelques années, et le continent est aujourd’hui la première destination mondiale pour le tourisme fluvial, dont 15 pays profitent. Les croisières se concentrent principalement sur le Rhin et le Danube, et les offres combinent des escales dans des villes de plusieurs pays.

La France, qui possède le plus long réseau fluvial exploitable du continent, voit sa clientèle augmenter de 14% en moyenne par année depuis 2007, pour atteindre 180 000 passagers en 2010. Le futur canal Seine-Nord Europe, dont la mise en service est prévue pour 2017, permettra de relier le Rhin, le Danube et la Seine, afin de développer de nouveaux itinéraires, tels que Paris-Amsterdam.

Les croisières fluviales sont aussi très populaires en Égypte, en Russie, en Chine ou encore aux États-Unis. Voguer sur le Nil, la Volga, le Yangtze ou le Mississippi, permet, tout comme en Europe de l’Ouest, d’allier contemplation des paysages et visite de sites culturels et naturels.

 

 Source: avidcruiser.com, La Marguerite d’AmaWaterways sur le Mékong

Qui sont les acteurs sur ce marché?

Cette industrie est dominée par quatre compagnies internationales: Viking River Cruises (23 navires), AmaWaterways (12 navires), Uniworld (10 navires); Avalon Waterways (9 navires); et une entreprise européenne CroisiEurope. Avec ses 26 bateaux, cette dernière se positionne en tant que chef de file sur ce marché. Elle a atteint en 2011 les 200 000 passagers, dont 60% de Français.

Leurs flottes sont récentes et se renouvellent continuellement, les plus vieux paquebots datant de cinq ou six ans. Ces compagnies sont en activité environ 33 semaines par année, et leur taux d’occupation se situe entre 90 et 95%.

En quoi consiste l’offre, quels sont ses atouts et ses contraintes?

La clé du succès de la croisière fluviale réside dans sa capacité à rendre accessibles des endroits où ne pourraient jamais aller les navires de croisière maritimes. Les atouts mis de l’avant pour les croisières en Europe sont le patrimoine historique et culturel, la gastronomie, l’œnotourisme et les paysages naturels. Le tarif de base inclut généralement la croisière et les excursions. Un forfait comprenant le vol aller-retour ainsi que les nuitées avant et après la croisière coûte environ 1000$ de plus pour la clientèle nord-américaine.

Cependant, il existe quelques contraintes au bon déroulement de ces croisières. Les problèmes de niveau d’eau sont fréquents: trop haut au printemps, ils empêchent les paquebots de passer sous les ponts; trop bas le reste de l’année, ils compliquent la navigation. En hiver, à certains endroits, les fleuves peuvent geler, et les bateaux ne sont pas équipés pour traverser les glaces.

Une clientèle qui tend à se diversifier

Traditionnellement, la clientèle est plutôt âgée et possède un fort pouvoir d’achat. Cependant, Voies navigables de France constate une démocratisation de l’industrie, grâce à une clientèle de plus en plus internationale (Russes, Chinois, etc.) et jeune.

En Europe, le quart de la clientèle provient des États-Unis. Le nombre d’Américains réalisant des croisières fluviales en Europe a atteint 250 000 passagers en 2011. Selon la CLIA, la demande de la clientèle nord-américaine pour les croisières fluviales a augmenté de 65% entre 2005 et 2010, par rapport à 10% pour les croisières maritimes. D’après l’enquête annuelle de l’association nord-américaine Travel Leaders, 75% des agents de voyages constatent un intérêt croissant et une augmentation des réservations outre-mer de la part de leur clientèle pour les croisières fluviales.

Quelques tendances dominantes

Les compagnies veulent attirer une plus large clientèle, et elles proposent pour cela des produits diversifiés. À titre d’exemple, France Cruises, basée aux États-Unis, offre toute une gamme de produits thématiques (gastronomie, œnologie, art, golf, bien-être, séjour romantique, etc.). Pour élargir leur offre de divertissement, les paquebots s’inspirent des clubs de vacances: clubs enfants, soirées thématiques, etc.

Aujourd’hui, les compagnies ont modernisé leur flotte afin de séduire une clientèle de luxe, habituée au confort des croisières maritimes. Pour améliorer l’expérience à bord, les services et les installations sont plus nombreux (piscines, saunas, Wi-Fi, balcons privés, etc.).

Source: avidcruiser.com, le centre de santé d’un des navires d’Avalon Waterways

Les nouveaux navires d’Avalon Waterways offriront le Wi-Fi gratuitement à bord, et des iPad seront disponibles dans les suites royales. La plupart des cabines des six nouveaux navires de Viking River Cruises possèderont de grands balcons et un nouveau design. La compagnie déclare offrir les plus grandes suites jamais construites sur un paquebot fluvial, allant jusqu’à 445 pi2 (voir la photo ci-dessous). De plus, dans le but d’accroître leur rentabilité tout en conservant leurs services haut de gamme, les paquebots prennent du volume pour accueillir jusqu’à 170 passagers.

Source: avidcruiser.com, Viking Longships Boats

Au Québec, l’offre en place se distingue sensiblement de la situation observée en Europe. On y trouve néanmoins une intéressante diversité d’expériences, que ce soit pour des excursions d’une ou plusieurs journées, avec ou sans nuitée à bord. Mentionnons le M/S Jacques-Cartier, qui navigue entre autres sur les rivières Richelieu et des Outaouais; le Cavalier Maxim des Croisières AML, offrant des croisières sur le Saint-Laurent de deux à trois jours incluant l’hébergement terrestre; le Vacancier du groupe CTMA, possédant entre autres une salle d’exercice et un cinéma, et dont les croisières sur le Saint-Laurent sont promues en France par les voyagistes Terre Canada et La Maison des États-Unis; ou encore Relais Nordik, qui propose des visites dans les différents villages de la Côte-Nord.

La demande est bien présente; le Québec, qui cherche à mettre en valeur son fleuve et à en faire un axe de positionnement, se doit de continuer à proposer des offres distinctives et surtout de les faire connaître.

MONTRÉAL-TRUDEAU VEUT UNE DOUANE «LIBRE-SERVICE»


Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

Selon les données compilées par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), plus de 525 000 passagers qui sont entrés au pays par Montréal-Trudeau ont attendu plus de 20 minutes avant de pouvoir passer devant un douanier en 2010-2011 .Nathaëlle Morissette, La Presse

Les longues files de passagers sont monnaie courante à la douane de Montréal-Trudeau. L'aéroport, qui se classe bon dernier au pays depuis trois ans en ce qui concerne les passagers qui ont attendu plus de 20 minutes avant de voir un douanier, souhaite perdre son titre peu enviable en se dotant de bornes libre-service. Ces nouvelles machines ne font toutefois pas l'unanimité. Quand rapidité ne rime pas toujours avec sécurité...

Les voyageurs qui ont atterri à Montréal-Trudeau au cours des deux dernières années ont dû faire preuve de plus de patience à la douane que ceux qui ont débarqué dans les autres aéroports du pays. Pour réduire ce temps d'attente, Aéroports de Montréal installera au début de l'été des bornes permettant aux usagers d'effectuer un passage automatisé. L'efficacité de cette technologie est toutefois remise en question par le Syndicat des douanes et de l'immigration qui, en plus de douter de la capacité de ces guichets libre-service à réduire l'engorgement, y voit une menace pour la sécurité nationale.

Selon les données compilées par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), plus de 525 000 passagers qui sont entrés au pays par Montréal-Trudeau ont attendu plus de 20 minutes avant de pouvoir passer devant un douanier en 2010-2011. Un nombre beaucoup plus important qu'à l'aéroport Pearson de Toronto, où quelque 185 000 passagers ont attendu plus de 20 minutes. Pourtant, l'aéroport de Toronto accueille beaucoup plus de passagers que celui de Montréal (10 007 362 passagers à Pearson contre 4 342 453 à Trudeau).

«Ce n'est pas nous qui calculons les temps d'attente, mais on est conscients qu'il y a une problématique», mentionne Christiane Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques pour Aéroports de Montréal (ADM). Elle ajoute du même souffle que Montréal-Trudeau pourrait doubler son nombre de guérites, de 26 à 52. Mais l'ASFC ne compte pas assez de douaniers à Montréal pour les occuper. Voilà pourquoi ADM a décidé de se procurer des stations libre-service, testées dans le cadre d'un projet-pilote à l'aéroport de Vancouver depuis décembre 2009.

Ces nouveaux guichets ne parviendront toutefois pas à faire perdre à Montréal-Trudeau son titre peu enviable de bon dernier, estime le Syndicat des douanes et de l'immigration. Il y a environ un mois, le président du syndicat Jean-Pierre Fortin a visité l'aéroport de Vancouver pour observer les voyageurs en attente de passer à la douane. Résultat: l'attente était beaucoup plus longue du côté des bornes qu'aux guérites, a-t-il noté. «Avec ces machines, ce n'est pas plus efficace, mais c'est beaucoup plus compliqué et c'est plus long.» Selon lui, pour les gens qui voyagent rarement, ces bornes peuvent certainement devenir un vrai casse-tête.

De plus, M. Fortin craint que ces stations libre-service permettent à des passagers fautifs de passer entre les mailles du filet. C'est que les voyageurs n'ont qu'à insérer dans la borne leur passeport, leur carte de déclaration dûment remplie et les reçus d'achats faits à l'extérieur du pays. Puis, ils doivent répondre à quelques questions et se présenter ensuite devant un agent des services frontaliers qui vérifiera leurs documents. «Il n'y a rien qui remplace le flair d'un agent, affirme le président du Syndicat des douanes, qui ajoute que la borne ne pourra pas détecter la nervosité ou le regard fuyant d'un voyageur qui a quelque chose à cacher. On est prêts à collaborer pour tenter de diminuer le temps d'attente, mais pas sur le dos de la sécurité nationale.» Et l'intention du gouvernement Harper de supprimer plus de 1000 postes à l'ASFC risque d'empirer la situation, dit-il.

«Le projet ne compromet ni la sécurité nationale du Canada ni celle du public, assure pour sa part Luc Nadon, porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada. Il simplifie une partie du passage à la frontière en permettant aux passagers admissibles de s'acquitter des formalités technologiques et administratives en utilisant le guichet. Dans tous les cas, les agents de l'ASFC continueront de vérifier l'identité des voyageurs admissibles qui choisissent d'utiliser le guichet», tient-il à ajouter.

Vancouver plus efficace?

Par ailleurs, si le président du Syndicat des douanes se questionne sur la réelle efficacité des bornes installées à Vancouver, l'Agence assure pour sa part qu'elles ont contribué à désengorger les files à la guérite de façon significative. «Avant le lancement du projet Passage automatisé à la frontière, les temps d'attente aux lignes d'inspection primaire étaient de 20 à 51 minutes en moyenne, Luc Nadon. Avec le Passage automatisé à la frontière, les temps d'attente dépassent rarement 20 minutes.»